Produite dans un premier temps par le JAD – Jardin des métiers d’art et du design à Sèvres, l’exposition "Aléas, pratiques de l’adaptation" met en lumière des démarches de création et de production qui dialoguent avec l’imprévu. En développant le propos et la sélection, les commissaires Baptiste Meyniel et Nicolas Verschaeve nous invitent à découvrir une pluralité d’observations actives du monde et révèlent la capacité des designers à s’adapter continuellement aux contextes dans lesquels ils sont impliqués. Si la notion d’aléas engage avec elle l’idée d’incertitudes liées au hasard, elle est ici à entendre comme un ensemble de paramètres appréhendés avec habileté.
Pris dans un ensemble d’aléas, les objets présentés ici émergent d’une forme de lâcher-prise, à première vue contradictoire aux méthodes académiques du design. Il en va de la capacité des créateurs à s’écarter de plans établis, à intégrer à leur travail un ensemble de forces agissantes, à “composer avec” plutôt que d’imposer des dogmes.
Au-delà des objets, ce sont d’abord des attitudes qui se révèlent, presque une philosophie, propice à converser avec un monde en constante transformation.
Durant l’exposition, le Grand-Hornu verra transiter entre ses murs des tas de charbon, matière-énergie constituant l’un des flux majeurs de la période d’activité des mines du Borinage. Invitation à la déambulation, la scénographie révèlera autant les champs de forces qui ont donné forme à un ensemble de productions, d’objets et d’artefacts, que les phénomènes que ceux-ci rendent visible. De différentes natures, ces forces sont de celles qui régissent les lois du cosmos telles que la gravité, le champ magnétique ou la course du soleil ; ce sont les lois intrinsèques aux matériaux et à leurs propriétés ; disponibilité ce sont éléments préexistants disponibles dans l’environnement des designers, leur imposant - dans un monde aux ressources finies - de composer avec le déjà-là.